Une après midi de la fin du mois de juillet de l’an de grâce deux mille neuf, de passage à la Forge de Belleville, une occasion en or se profile aux horizons des peintres en bâtiment du coin et des zoo-loups du quartier qui se retrouvent sous la même bannière… Belleville Zoo!

Ici, personne ne sait vraiment si cette appellation est inspirée du Brooklyn zoo d’un vieux sale batard, mais on peut se douter qu’il y a de cela. Et puis c’est une vérité, car ici la population est métissée, hétéroclite. Depuis la rue de Belleville, à travers la rue Desnoyez, en rampant vers la Forge par la rue Ramponneau, que l’on en rencontre des espèces différentes!

Des zonards, des peintres en lettres, des alcoolos, des hurluberlus farfelus, des beaux parleurs, des chépers, une hystérique aux cheveux bouclés, des méchants pas beaux, des gentils illuminés, des vieux barbus mystérieux, des délaissés, des artistes en quête d’un mur, des flics en civil qui croient qu’on ne les a pas vus, des terrasses de bar vivantes qui se dilatent au soleil… comment tous les citer tant il y a de personnalités diverses, de créatures variées!?

Cette après-midi donc, arrivés à la Forge après la traversée de l’art rue Desnoyez avec Above de passage à Paris, nous nous dirigeons vers l’atelier du sieur Teurk, l’homme aux parpaings, pour essayer d’arranger une grosse peinture à la sauce bellevilloise. À l’entrée de la Forge se trouve un échaffaudage qui sera enlevé le lendemain matin et quelques peintures de vandales grimpeurs sur les murs, mais que les ouvriers ne recouvreront pas. Une occasion en or pour faire une grosse pièce Belleville Zoo collective!

Après avoir appelé Native, Popay, Jaya, Yeah et Kouka en renfort et avoir trouvé la peinture nécessaire, nous nous mettons au travail. Jaya grimpe et trace les lettres étage par étage, tandis que Popay et Native commencent respectivement leur singe et éléphant.
Puis les acrobates effectuent leur tour de passe passe graphique, les petits ouvriers font le remplissage des aplats, alors qu’un petit rassemblement de fumeurs de joints, de buveurs de bières, d’amis et de badauds se fait petit à petit au cours de la soirée au pied de l’échaffaudage. L’espace se remplit au fur et à mesure et puis il fait trop noir pour que Popay et Native finissent. Ils décident de revenir le lendemain matin au lever du jour pour fignoler avant que les ouvriers n’arrivent.

Le lendemain après midi, nous descendons la rue Ramponneau à la rencontre de ce fameux mur et la rue commence déjà à nous rétribuer en faisant éclore sur le trottoir d’une rue avoisinante un gros pot d’acrylique. C’est le cycle de la vie ici! Bientôt il y aura des plantations de caps, des arbres à couleurs et des champs de rouleaux!

En attendant, nous continuons de barbouiller les murs de cette cours des miracles qu’est Belleville…

Concrete Jungle, Belleville Zoo, Hell Yeah!

12 Responses to “Rise above!”
  1. Excellent ça (hop, j’fais un lien sur le blog par ici) ;p

  2. A la base je cherche une idée de reportage, je fouine, je trouve…
    Quand la plume est aussi belle que le pinceau…Je vais finir par devenir fan !

  3. Yihahuuu!

  4. Au clair de la lune, mon ami Pierrot !
    Tu es dans une bonne phase.
    Je traduisais ce matin que le marché de l’art contemporain au Moyen-Orient est l’un des plus prometteurs en ce moment… Ils devait parler du Moyen-Orient de Paris !!!

  5. mais quelle photo !
    et quelle retribution faite au quartier, elle même retribuée de là haut par jimmy!
    je suis ébloui !

  6. No neighborhood is rough enough!

  7. Une super plume pour de bien drôles d’oiseaux…et yes Belleville zoo c’est la cour de tous les miracles, et c’est pour ça qu’on s’y sent si bien^^

  8. Salut l’ami.

    Ton texte me fait bien plaisir a lire. T’as su me faire rêver pendant quelques minutes. Et puis je vais garder cette sensation en tête quelques jours. Depuis les mots, par l’ambiance, en passant par la photo c’est un superbe hommage a ce quartier et a l’amour d’un mode de vie léger et qui sait apprécier le plaisir de l’insouciance.

    J’te demande pas comment ca va, t’as l’air tres heureux. Tu m’motive presque a reposter un article, il va me falloir du temps pour etre a la hauteur du tiens. Fais des petits bisoux de ma part a toute l’equipe.

  9. Et puis ++ (en blanc) pour l’ombre des échafaudages dans le lettrage !!!

  10. Mais c’est tout touchant comment que tu racontes graff bien le tiékar là

  11. SCUZ ME, WHILE I KISS THE SKY!

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